Nabla, l’IA qui rend le stylo aux médecins
Invisible du grand public, la start-up parisienne fondée par Alex LeBrun et Martin Raison équipe des dizaines de milliers de soignants d’une IA qui écrit les comptes rendus à leur place. La niche verticale par excellence.
Il est des réussites que le grand public ne verra jamais, parce qu’elles se jouent dans le secret d’un cabinet médical. Nabla est de celles-là. Fondée à Paris en 2018 par Alex LeBrun et Martin Raison — deux ingénieurs passés par Facebook, qui avait racheté leur précédente société, Wit.ai — la jeune pousse s’attaque à un fléau discret : la paperasse qui écrase les soignants.
Son outil écoute, avec l’accord du patient, la consultation, puis en rédige seul le compte rendu médical. Le gain de temps est spectaculaire — plus de la moitié du temps d’écriture épargné, selon l’entreprise — et l’adoption suit : plus de 85 000 cliniciens et 130 organisations de santé l’utilisent déjà de par le monde.
La vraie promesse n’est pas de remplacer le médecin, mais de lui rendre ce que l’écran lui avait pris : le regard vers son patient.
Discrète auprès du public, Nabla n’en est pas moins solide : elle a réuni au total quelque 120 millions de dollars, et scellé un partenariat stratégique avec Advanced Machine Intelligence, le nouveau laboratoire du pionnier français de l’IA Yann LeCun. Son défi est celui, redoutable, de la santé : la moindre erreur d’un compte rendu peut avoir des conséquences graves. C’est pourquoi la maison avance prudemment, sous supervision humaine constante — la seule voie acceptable quand l’IA touche à des vies.
Sources : TechCrunch, STAT News, PR Newswire (2024-2026).